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Les bancs publics

8 juillet 2019 -
Le coffre aux trésors d'Hôtel Château Laurier Québec

Il n’y a pas que les amoureux de Georges Brassens qui profitent des bancs publics pour vivre un moment d’extase. Ces bancs constituent également une précieuse opportunité pour les voyageurs qui arpentent les rues et places publiques de leurs destinations favorites. En voyage, on veut se détendre et se changer les idées bien sûr, mais on veut également voir et visiter le maximum de sites afin de graver dans sa mémoire des souvenirs inoubliables. Et de nos jours, si les téléphones intelligents nous permettent d’immortaliser nos expériences de voyage, ils sont généralement dotés d’applications qui nous permettent également de compter les pas et les kilomètres marchés. Et on s’étonne bien souvent des distances parcourues alors sur nos deux jambes. Donc, il ne faut pas se surprendre d’éprouver autant de satisfaction à se poser et reposer quelques instants sur les bancs publics.

Je vous propose donc de faire avec moi un parcours à pied, au cœur de Québec, où certains de ces bancs pourraient vous procurer, à la fois, le repos souhaité et surtout, l’opportunité de profiter d’un site inspirant. Alors, si vous le voulez bien, mettez des chaussures de marches confortables et suivez-moi dans ce parcours.

On commence, à quelques pas de l’Hôtel Château Laurier Québec par le Parc Jeanne d’Arc. Ce petit bijou d’aménagement est bordé par la rue Laurier et situé tout juste en retrait de l’effervescence de la Grande Allée. Faisant partie du Parc des champs de bataille, communément appelé plaines d’Abraham, ce parc est entouré de magnifiques plates-bandes florales, qu’un personnel de jardiniers bichonne avec soin et amour. Et avec les changements de saisons, viennent des aménagements thématiques. À cet égard, il ne faut pas manquer les incroyables décors aménagés en octobre pour souligner l’Halloween. Et bien sûr, pour profiter pleinement de la beauté des lieux, on retrouve, tout autour du parc, de nombreux bancs publics.

En quittant le Parc Jeanne d’Arc, je vous propose de mettre le cap vers l’est et de nous diriger vers le Vieux-Québec. Une fois la porte Saint-Louis franchie, nous tournons à droite sur la rue D’Auteuil et continuons un peu plus loin sur la rue Saint-Denis qui longe la Citadelle. Un peu avant d’atteindre le bout de la rue, on prend à gauche sur la rue de La Porte et on redescend vers le Parc des Gouverneurs. On passe alors devant l’Hôtel Château Bellevue, une autre de nos propriétés et nous tournons à gauche sur la rue du Mont-Carmel. On n’aura qu’à faire quelques pas pour nous retrouver au Parc Cavalier-du-Moulin, un des secrets les mieux gardés du Vieux-Québec.

Ce petit parc est une véritable oasis de calme qui nous offre une vue panoramique sur les toits du quartier. Asseyez-vous quelques instants sur l’un ou l’autre des bancs que l’on y retrouve et laissez votre regard se promener et admirer toute la beauté de ce coin du Vieux-Québec. Au passage, vous ne manquerez pas le clocher de l’Église Unie Chalmers-Wesley et l’élégance Art déco de l’Édifice Price, le premier gratte-ciel de Québec.

Après cette délicieuse halte, on redescend vers la rue Saint-Louis et on dépasse la Place d’Armes, bordée d’édifices de valeur : celui du Ministère des Finances du Québec, l’édifice du Bureau de poste, sans oublier, bien sûr, l’illustre Château Frontenac, l’hôtel le plus photographié au monde, et pour cause. Donc, au-delà de la Place d’Armes et du carrefour de la rue Buade et de la Côte-de-la-montagne, engageons-nous sur la rue des Remparts qui ceinture les versants est et nord du Vieux-Québec. Tout au long des fortifications, vous pourrez vous arrêter sur l’un ou l’autre des bancs que l’on y retrouve et admirer le paysage. Un peu plus bas sur la rue, on pourra profiter d’un point de vue unique sur les Laurentides et la Côte-de-Beaupré et, tout juste en contrebas, le quartier du Vieux port, le Bassin-Louise et sa marina.

J’aime particulièrement cet endroit pour le dégagement visuel qui permet au regard d’embrasser loin et de nous rappeler que la Ville de Québec est entourée de grands espaces. Et en continuant un petit peu plus loin sur la rue des Remparts, on longe sur la gauche un mur d’enceinte qui ceinture le Monastère des Augustines. Véritable coup de cœur depuis sa transformation récente, celui-ci occupe les ailes anciennes du monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec (1639), qui est à l’origine du premier hôpital en Amérique du nord. Complètement restauré, le Monastère propose aux visiteurs une expérience de ressourcement unique, dans une approche laïque. Le site et son petit parc constituent une autre belle occasion de s’arrêter et de profiter du calme des lieux. Et tout près d’un banc où se reposer, on y retrouve une charmante maisonnette.

De ce point, je vous propose de continuer sur la rue des Remparts jusqu’à la Côte-du-Palais. À l’endroit où celle-ci croise la rue Saint-Vallier, quelques pas plus loin, prenons la rue des Vaisseaux du Roy sur la droite. À son extrémité, on traverse la rue Saint-Paul pour se retrouver au Parc Jean-Pelletier. Celui-ci se divise en deux zones bien distinctes. La première est bordée, à son extrémité nord, par un édifice du Gouvernement fédéral. Tout au long de l’allée qui y mène, on retrouve des sièges, pour le moins inusités. Il s’agit en fait d’une sculpture contemporaine offerte par la Ville de Montréal pour souligner le 400e anniversaire de Québec. Cette œuvre, créée par l’artiste Michel Goulet, est un parcours de chaises métalliques dont les sièges sont percés de citations de poètes québécois. Et ce n’est pas parce que c’est une œuvre d’art qu’il faut s’empêcher de s’y asseoir. L’occasion est idéale pour se reposer dans une allée ombragée, tout en découvrant le travail d’un créateur.

Du Parc Jean-Pelletier, on est à quelques minutes du Quartier Saint-Roch, nouveau carrefour des arts numériques et de la restauration à Québec. On continue donc sur la rue Saint-Paul vers l’ouest et, tout juste dépassé les piliers de l’autoroute Dufferin-Montmorency, on prend à droite sur la rue Saint-Dominique pour rejoindre la rue Saint-Joseph. En continuant sur cette rue, toujours vers l’ouest, vous pourrez en profiter pour faire du lèche-vitrine en croisant une faune propre à ce quartier qui a connu une belle renaissance, alors que Jean-Paul L’Allier était maire de Québec. Pour souligner la contribution exceptionnelle de celui-ci à l’embellissement de la ville, on a rebaptisé un très bel espace vert de ce quartier. Pour s’y rendre, arrivé au carrefour des rues Saint-Joseph et du Parvis, tout juste au pied de l’imposante église Saint-Roch, on tourne à gauche sur la rue du Parvis pour croiser le boulevard Charest. Et, tout juste après la Place de l’Université du Québec, on débouche sur le Jardin Jean-Paul L’Allier.

Mais avant de s’y rendre, je vous propose de continuer un peu plus loin sur la rue Saint-Joseph, jusqu’au 225, où l’on retrouve la boulangerie-pâtisserie Le Croquembouche. Ils offrent une très belle variété de sandwichs et de délices sucrés qu’on pourra manger sur l’un ou l’autre des bancs publics de cette oasis de verdure qu’est le Jardin Jean-Paul L’Allier. Cet espace, aménagé avec beauté et style, avec ses massifs floraux, les arbres qui le ceinturent, son plan d’eau et la cascade qui le délimite au sud, est le rendez-vous des résidents et des travailleurs du quartier qui profitent des jours ensoleillés de l’été pour venir s’y détendre et casser la croute. Tout autour de l’espace gazonné et fleuri, on retrouve des bancs où il fait bon s’arrêter et regarder la vie qui bat dans cet espace. En l’aménageant, la Ville a clairement voulu embellir le quartier, en misant sur la qualité de vie et en faisant appel à la créativité qui s’exprime pleinement dans les entreprises de l’économie numérique qui ceinturent.

En quittant le Jardin Jean-Paul-L’Allier du côté de la cascade, on se retrouve face à l’ascenseur du Faubourg qui nous permettra d’accéder au Faubourg Saint-Jean-Baptiste. En remontant la rue Sainte-Claire, vous aurez l’occasion de faire travailler les muscles de vos mollets et de faire augmenter le rythme de vos pulsations cardiaques. Mais vous aurez surtout l’occasion de traverser l’un des quartiers les plus sympathiques de Québec. Le Faubourg, comme on l’appelle affectueusement à Québec, est traversé d’ouest en est par la rue Saint-Jean. On y retrouve de nombreux commerces de quartiers, boutiques et restos sympathiques. Et c’est là, tout juste devant l’épicerie J.A. Moisan, que je vous propose de faire une dernière pause méritée sur un banc public.

Avant ou après cette pause, selon ce que vous désirez, vous ne pouvez ne pas entrer dans ce célèbre commerce. Les différents proprios qui l’ont exploité au fil des décennies ont su conserver tout le charme suranné de cette épicerie, remarquablement conservée.

Et du Faubourg Saint-Jean-Baptiste, il nous faudra moins de dix minutes pour rejoindre l’Hôtel Château Laurier Québec, en traversant le boulevard René-Lévesque et les édifices de la Colline parlementaire.

Les bancs publics que je vous ai proposés tout au long de ce parcours vous auront sans doute permis, tout en vous reposant, de saisir un peu mieux la douce et vivante beauté de Québec, sans avoir à supporter les regards obliques des passants comme les amoureux de la célèbre chanson de Brassens.

Mon coup de cœur musical : L’album La nuit des longs couteaux de Koriass. Le rappeur livre des textes touchants qui témoignent bien de son parcours difficile dans la dernière année. Je trouve qu’il est un de nos meilleurs paroliers québécois à l’heure actuelle, tous styles confondus.

 

Ma découverte du mois:

La nuit des longs couteaux
Koriass

Clavardage