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Le temps des sucres au Québec

19 mars 2019 -
Le coffre aux trésors d'Hôtel Château Laurier Québec

L’arrivée du printemps au Québec s’assortit des arômes sucrés de l’érable. Même s’il peut aisément être consommé toute l’année, le sirop d’érable demeure un produit fortement lié au retour des jours plus doux, avec la visite à la cabane… et la tire d’érable sucrée sur la neige puis dégustée par petits et grands! Le beurre, le sucre, les sucettes à base d’érable ont aussi leurs adeptes. Nous vous résumons ici la belle histoire de l’érable et vous offrirons quelques recommandations pour en profiter, tant en pleine ville qu’en périphérie de Québec.

Un peu d’histoire

Saviez-vous qu’il existe plus d’une centaine d’espèces d’érables dans le monde, dont une dizaine au Canada? La variété la plus intéressante pour la production est l’érable à sucre : il peut produire une cinquantaine de litres de sève par année et, dans des conditions idéales, peut vivre jusqu’à 250 ans!

Les Premières Nations connaissaient et récoltaient «l’eau» d’érable bien avant l’arrivée des Européens. Traditionnellement, ils pratiquaient une entaille dans l’érable, puis y inséraient une éclisse de bois pour diriger l’écoulement. L’eau s’écoulait au goutte à goutte et était recueillie dans une auge d’écorce. On appelait «lune de sucre» le mois pendant lequel on récoltait le précieux liquide.

Les Hurons-Wendates buvaient cette eau comme fortifiant, les Innus faisaient de même pour son goût, tandis que les Abénakis combinaient sève et farine de maïs pour façonner des sortes de «pain». D’autres nations préféraient faire chauffer la sève pour en faire un sirop foncé et épais.

C’est donc au contact des Autochtones que les Français découvrent les propriétés de l’eau d’érable. En utilisant des chaudrons de métal, il devient possible de faire bouillir et évaporer l’eau d’érable pendant plus longtemps, jusqu’à en faire un sirop très épais et même du sucre. En 1749, un observateur écrit que «d’une barrique de sève on peut tirer, après la cuisson, 10 livres de bon sucre; deux personnes peuvent, au cours d’une saison de printemps, fabriquer sans difficulté 200 livres de sucre.» Les Français l’utiliseront pour son bon goût, mais aussi pour soigner les maladies des poumons.

Les sucres, gravure J.E. Massicotte Album universel, 18 avril 1903. Domaine public.

Évolution des techniques

Jusqu’en 1850 environ, l’eau d’érable est bouillie dans un grand chaudron de fer suspendu à une étemperche, sorte de crémaillère réalisée avec des branches solides. Cette installation rustique, souvent exposée à tous vents, entraîne bien sûr une grande perte de chaleur.

Les habitants transportent la sève recueillie dans des seaux ou baquets, à dos d’homme. Les raquettes sont parfois indispensables pour ne pas s’enfoncer dans la neige! Lorsque c’est possible, on peut aussi vider ces baquets dans un gros tonneau, lui-même placé sur un traîneau tiré par un cheval. Au fil du temps, les installations se modernisent. Des techniques et des instruments plus efficaces font leur apparition au Québec, dont le chalumeau de métal.

Femme conduisant un traîneau pour la récolte d’eau d’érable, vers 1910. Joseph-Louis Cartier. BAnQ, P68P173. Domaine public.

«Allons à la cabane»

Dès la fin des années 1860, les érablières commencent à accueillir les citadins nostalgiques de la vie à la campagne! «Aller à la cabane» devient une activité annuelle très attendue dans de nombreuses familles. Dès que vient le printemps, on prend d’assaut les érablières pour des «parties de sucre».

Femme dégustant de la tire d’érable, 1948. Photo: Omer Beaudoin. BAnQ, E6S7SS1P62248. Domaine public.

Alors, envie de vous «sucrer le bec»? Voici quelques suggestions de lieux pour apprécier les produits de l’érable et toute l’énergie d’une cabane à sucre. La musique folklorique et les tours de calèche sont parfois de la partie!

D’abord, les options en pleine ville :

  • Toutes les fins de semaines du 23 mars au 7 avril, la Cabane à sucre du parc du Bois-de-Coulonge propose des gourmandises sucrées produites à même la sève de sa cinquantaine d’érables. Vous pouvez même vous y rendre facilement à pied, en une quarantaine de minutes à partir de l’Hôtel Château Laurier Québec, en longeant les plaines d’Abraham.
  • En basse-ville, dans le Quartier Petit-Champlain, la Petite Cabane à Sucre de Québec est ouverte à tous les jours dès 10h. Cette boutique-expérience permet de goûter à la tire sur la neige ou de savourer une crème glacée à l’érable.
  • Si vous préférez vous initier en douceur à la gastronomie au sirop d’érable, une sortie à La Bûche est toute indiquée. Ouvert tous les jours de 8h à 23h, ce resto accueille un duo de musiciens traditionnels pour le brunch du dimanche.

Plusieurs options à proximité de Québec sont aussi à votre disposition :

  • Un peu au nord, L’Érablière du Lac-Beauport sert d’authentiques «repas de cabane à sucre» dans une ambiance aux accents folk et traditionnels. Fait intéressant, cette installation est à la fois un restaurant, un musée de l’érable et un centre d’interprétation sur les animaux du Québec. C’est une destination idéale pour les visites avec de jeunes enfants.
  • À 10 minutes du centre-ville de Québec, à Saint-Augustin-de-Desmaures, L’Érablière le Chemin du Roy accueille les visiteurs dans un décor typique des cabanes à sucre des années 1920. Une ambiance très animée vous attend.
  • Plusieurs installations d’excellente réputation sont établies à l’Île d’Orléans, dont la Cabane à sucre L’En-Tailleur, ouverte de mars à octobre, et la Sucrerie Blouin, où les érables sont encore entaillés à la main et où l’eau est recueillie dans des chaudières, à l’ancienne. Le menu compte même des recettes de l’arrière-grand-mère de la propriétaire!
  • En Beauce, au cœur du « Pays de l’érable », à 50 minutes de l’Hôtel Château Laurier Québec La Cabane à Pierre est ouverte à l’année. Une cabane impressionnante avec son immense foyer central. Repas traditionnel et musique entraînante sont au rendez-vous!

Si vous abusez un peu du sirop d’érable, consolez-vous bien vite : une étude récente a démontré que cette petite douceur contient une proportion importante d’antioxydants, des polyphénols et surtout une molécule très prometteuse dans le domaine de la santé : le quebecol. C’est à suivre.

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Quels que soient vos désirs ou vos envies, il nous fera plaisir de vous assister pour faire de votre séjour un événement marquant. En mettant à profit notre excellente connaissance de la ville de Québec et de sa région, nous espérons vous faciliter les choses au maximum… et vous donner envie de revenir nous voir, bien sûr!

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