Le repreneuriat ou faire confiance à la génération suivante

15 août 2018 -
Le coffre aux trésors d'Hôtel Château Laurier Québec

Depuis quelque temps, ma fille Aude et moi recevons et acceptons avec plaisir des invitations à partager notre expérience de repreneur qui, dans notre cas, concerne le passage de nos entreprises des mains d’une génération à la suivante. Nous avons ainsi participé au Sommet international du repreneuriat en mai dernier et nous serons présents en octobre et en février prochains à deux activités tenues par le Club Rotary de Québec et par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec sur le sujet de la relève et du repreneuriat.

Pourquoi ce sujet est-il devenu si important? C’est que le départ à la retraite de nombreux chefs et propriétaires d’entreprise de ma génération amène inévitablement à s’interroger sur la relève. Au Québec, les entreprises familiales comme la nôtre sont nombreuses et cette étape du transfert de l’entreprise est loin d’être simple. C’est un sujet dont il faut absolument discuter et planifier pour s’assurer du succès de cette étape et de ce fait, de la survie des entreprises et du maintien des emplois qu’elles créent.

Aude et moi avons vécu tous les deux cette expérience, mais de façon très différente. Je peux témoigner de la façon et des conditions dans lesquelles j’ai repris l’entreprise des mains de mon père. La mentalité de cette époque voulait qu’on n’en parle peu et qu’on reporte les discussions au dernier moment; en fait, il a fallu attendre le décès de mon père pour commencer à régler la succession de l’entreprise. Et nous venons à peine d’en terminer avec tous les aspects légaux, fiscaux et autres que cela a pu générer.

Heureusement, cette expérience m’a convaincu que nous devions agir différemment pour le transfert de l’entreprise de ma génération à la suivante. En effet, nous avons discuté du transfert de l’entreprise en conseil de famille avec mes frères et sœurs, afin de clarifier les intentions de chacun et de nous assurer de la pérennité de l’entreprise avant même que je sois prêt à me retirer.

Pour Aude, son témoignage vise à partager son cheminement personnel et à expliquer comment sa personnalité et son approche de gestion, différentes des miennes, ont influencé ses choix et ses décisions. Comment prendre sa place alors que je suis toujours présent et actif dans l’entreprise ? Comment gagner le respect de l’équipe de direction? Comment communiquer et partager ses valeurs avec le personnel et les fournisseurs ? Aude peut répondre à ces questions et faire profiter les repreneurs potentiels de son expérience actuelle.

Lorsque l’on parle de transfert d’entreprise, on réfère nécessairement à trois niveaux d’implication. Le premier niveau est celui du transfert des pouvoirs : le changement de personne et de personnalité à la tête de l’entreprise implique nécessairement que les pouvoirs vont s’exercer de façon différente. Aude a une approche sûrement plus collaborative que la mienne; elle demande aux gens qui l’entourent de se responsabiliser et de s’impliquer dans les décisions à prendre et croit à la délégation de pouvoirs. Ce changement de vision a impliqué une période d’adaptation de la part de tous, en m’incluant.

Le second niveau de transfert est celui du savoir. Mon savoir provient essentiellement de mon expérience forgée sur le terrain alors que celui d’Aude a été acquis dans le cadre de formations plus spécialisées en tourisme, en hôtellerie et en gestion. Ma participation à ce transfert de savoir en est surtout une de mentorat et d’accompagnement. Je ne m’implique pas dans les opérations, mais je suis présent pour la soutenir si elle a besoin de mes conseils ou si elle désire connaître mon point de vue et échanger sur un sujet plus spécifique.

Enfin le troisième niveau de transfert est celui des avoirs. Vous vous demandez peut-être pourquoi je ne l’ai pas mentionné en premier lieu, car pour plusieurs, le transfert d’entreprise est avant tout un transfert de propriété. Eh bien pour moi, ce transfert est le moins important de tous, car il est loin de garantir la survie de l’entreprise, contrairement aux deux autres.

Alors comment se passe ce transfert au quotidien à l’Hôtel Château Laurier Québec? Je crois qu’Aude et moi avons heureusement deux atouts importants qui nous aident à passer au travers de cette étape importante de notre vie personnelle, familiale et professionnelle : une confiance mutuelle et une belle complicité. Je crois que cette confiance et cette complicité nous aident à aplanir bien des difficultés et à planifier le futur avec beaucoup de sérénité.

Je ne peux pas terminer ce blogue sans partager avec vous ma fierté devant les succès remportés récemment par Aude. En juin dernier, elle a reçu deux distinctions importantes, soit :

  • le titre de Repreneur de l’année décerné par le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec;
  • le prix Reconnaissance de l’organisme Femmes en affaires de la Capitale nationale.

Bravo Aude!

Au plaisir de vous voir prochainement à Québec!

Mon coup de coeur musical: « 12 belles dans la peau » de Stefie Shock. Un disque dans lequel il rend hommage à Gainsbourg en imitant le personnage à merveille en compagnie de douze chanteuses avec qui il a déjà travaillé.

Ma découverte du mois:

12 belles dans la peau
Stefie Shock

Clavardage