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Découvrir la richesse de notre patrimoine religieux

14 septembre 2019 -
Le coffre aux trésors d'Hôtel Château Laurier Québec

Église Saint-Roch

Le 15 avril dernier, vous avez probablement regardé avec une certaine tristesse, tout comme moi, les images de la Cathédrale Notre-Dame de Paris en train de brûler et d’embraser le ciel. Dans les heures et les jours qui ont suivi, les médias sociaux étaient remplis de témoignages et de souvenirs partagés d’une visite de cet immense témoin du patrimoine religieux français. Cela illustre, de façon tellement éloquente, que les églises et autres bâtiments reliés aux cultes religieux figurent bien souvent parmi les sites favoris des touristes au cours de leurs séjours. Que l’on fréquente régulièrement ou non ceux-ci dans notre vie de tous les jours n’a pas vraiment d’importance. Ce qui attire tant les voyageurs dans ces temples, cathédrales et églises, c’est beaucoup leur qualité architecturale et l’évocation d’un patrimoine, à la fois historique, religieux et artistique.

La Ville de Québec, on le sait, est particulièrement reconnue pour son riche patrimoine, s’appuyant sur une occupation du territoire depuis plus de 411 ans par les Français, et plus tard, par les Britanniques. Et c’est sans compter sur la présence des premières nations qui y habitaient bien avant l’arrivée des colons européens. Au fil de son histoire, ces derniers ont construit des lieux réservés au culte religieux.  On retrouve donc dans la ville, particulièrement dans les quartiers centraux, des églises qui ont une grande richesse patrimoniale. Leurs clochers, qui se dressent dans l’horizon de la ville, sont autant de repères qui nous invitent à la découverte de ces bâtiments d’une grande richesse.

Un patrimoine fragilisé

La pratique religieuse des Québécois a connu des jours plus fastes, laissant ces lieux de culte de moins en moins fréquentés. En conséquence, au cours des dernières années, des paroisses ont été fusionnées et certaines églises ont, soit changé de vocation, soit sont disparues sous le pic des démolisseurs. D’ailleurs, des événements récents en témoignent. Deux grandes églises de la ville, soit Saint-Cœur de Marie, et plus récemment Saint-Sacrement, connaîtront un sort semblable. La première, située sur la Grande-Allée, à quelques minutes de l’Hôtel Château Laurier Québec, sans avoir une valeur patrimoniale reconnue, a tout de même été un repère important de la colline parlementaire. Son clocher a même été, jusqu’au début des années 60, l’élément bâti le plus haut de la ville. Il reste tout de même quelques églises d’une grande valeur à découvrir au cœur de Québec et je vous propose de me suivre à la découverte de ces bâtiments riches et inspirants.

Dans les faubourgs

Église Saint-Jean-Baptiste

En quittant le Vieux-Québec et la colline parlementaire, notre premier arrêt se situe tout juste au bas de la rue Claire-Fontaine, sur la rue Saint-Jean. L’église Saint-Jean-Baptiste s’y dresse, fière et élégante, surmontée par la longue flèche de son clocher. C’est l’architecte réputé Joseph-Ferdinand Peachy, lui-même résident du faubourg, qui fut chargé de concevoir les plans sur le même terrain que l’église du quartier qui fut la proie des flammes en juin 1881. Inspiré par son récent séjour en France, Peachy emprunte à l’église de la Sainte-Trinité de Paris le modèle de la façade, avec ses trois arcades ouvertes, sa rosace centrale et ses niches qui accueilleront des statues de saints. Le clocher surmonté d’une haute flèche s’inspire du style château, alors très en vogue à Québec. Mais si l’extérieur de l’église est d’une grande élégance architecturale, il en va tout autant de son intérieur somptueux. On y retrouve une nef imposante, abritant un maitre-hôtel et un majestueux baldaquin qui surplombe un cœur richement décoré. Et au jubé, trône un orgue Casavant qui a été classé bien culturel. Pour en apprécier la sonorité exceptionnelle, je vous invite à regarder cette belle vidéo sur l’organiste de l’église. Vous pourrez, non seulement écouter la sonorité exceptionnelle de l’instrument, mais également apprécier toute la beauté et la richesse de l’intérieur de cette église. Malheureusement, la dernière messe y a été célébrée en mai 2015 et depuis, il n’est plus possible d’en visiter l’intérieur. Mais il y a espoir qu’un financement essentiel à la sauvegarde de ce trésor soit trouvé et qu’on puisse à nouveau l’apprécier pleinement. D’ici là, on peut toujours admirer l’architecture extérieure de cet imposant édifice.

Église Saint-Sauveur

En se dirigeant vers l’ouest de la rue Saint-Jean et en descendant la Côte Salaberry, on arrive à la basse-ville de Québec dans un autre faubourg populaire du centre-ville, le quartier Saint-Sauveur qui se déploie autour de l’église du même nom. Ici encore, l’église Saint-Sauveur vit des jours plus sombres. Son clocher, dont la structure était menacée, fait l’objet de travaux urgents. L’église demeure toutefois ouverte aux paroissiens et visiteurs et des messes y sont toujours célébrées les samedis et dimanches. Lourdement endommagée lors d’un incendie en 1886, l’église fut aussitôt reconstruite. L’intérieur imposant est décoré de fresques et de toiles inspirées de gravures de grands maîtres européens. Le peintre québécois Charles Huot a  consacré près d’une dizaine d’années à leur réalisation, terminée en 1894. Le trajet jusqu’à cette église, vous permettra également de découvrir un autre quartier central et populaire de Québec, quartier qui connaît depuis quelques années une intéressante revitalisation.

Sur le chemin du retour vers le Vieux-Québec, notre itinéraire croise le Quartier Saint-Roch qui s’articule autour de l’axe de la rue Saint-Joseph. C’est sur cette rue commerçante que l’on retrouve l’imposante église Saint-Roch. La destruction du Mail Saint-Roch en 2000, structure et toit qui recouvraient la rue Saint-Joseph, a permis de redécouvrir toute la grandeur et la splendeur de cette église. Celle-ci, toujours ouverte au culte et aux visites, est la plus grande église de Québec, avec ses 265 pieds de longueur, ses 111 pieds de largeur et ses 150 pieds de hauteur. Ses deux tours sont des repères visuels incontournables de la basse-ville de Québec.  Inspirée des architectures du moyen âge, l’église Saint-Roch allie le style néo-gothique sur la façade et le style néo-roman à l’intérieur de ses murs. En y pénétrant, on peut admirer la richesse de l’intérieur, avec son retable, ses fonts baptismaux, son mobilier et les œuvres d’art, dont certaines ornaient des églises de Paris au XVIIe siècle.

Église Saint-Roch

Au cœur du Vieux-Québec

Le Vieux-Québec abrite également des églises d’une grande valeur patrimoniale. Mieux connues et plus fréquentées que les églises des faubourgs, elles témoignent de l’héritage français et britannique de Québec. À quelques minutes l’une de l’autre, on retrouve la Cathédrale Holy Trinity et la Basilique Notre-Dame-de-Québec. Cette dernière est classée monument historique du Québec et du Canada, et accueille de nombreux visiteurs tout au long de l’année. Des guides peuvent vous y accueillir et vous la faire visiter au cours de la saison estivale. On y présente aussi quelques concerts, récitals et expositions au cours de l’année. Enfin, on y trouve le tombeau de Saint-François de Laval et une porte sainte qui fut construite en 2013, à l’occasion du 350e anniversaire de la paroisse.

Basilique Notre-Dame de Québec

 

 

 

 

 

 

Holy Trinity

 

 

 

 

 

 

 

Adossée à la Place d’Armes et de biais avec l’hôtel de ville de Québec, la cathédrale Holy Trinity, édifiée entre 1800 et 1804, fut la première cathédrale anglicane construite en dehors des îles britanniques. Son architecture extérieure est inspirée du néoclassicisme anglais et son décor intérieur, son mobilier et ses vitraux témoignent du riche héritage propre aux temples anglicans patrimoniaux. Elle est entourée d’un enclos ceinturé par un muret de pierre et une clôture en fer forgé, comprenant, en plus de la cathédrale, la résidence de l’évêque, le Carter Hall et des arbres centenaires.

En quittant la cathédrale et en remontant la rue Saint-Louis vers l’Hôtel Château Laurier Québec, on croise la rue Saint-Ursule, où l’on retrouve sur la gauche, la très belle Église Chalmers-Wesley. Adossé au promontoire de la Citadelle de Québec, ce temple, inauguré en 1853, possède des vitraux magnifiques, des boiseries superbes et un orgue centenaire restauré en 1985 et en 2013. Il est un bel exemple d’architecture néo-gothique avec son clocher élancé de 177 pieds. Des offices y sont encore célébrés et l’église accueille, chaque année, des milliers de touristes qui visitent Québec.

Chalmers-Weley

La préservation de ce riche patrimoine

 Dans les semaines qui ont suivi l’incendie de Notre-Dame de Paris, des grandes corporations et des fortunes de France et du monde ont décidé de consacrer des sommes importantes à sa reconstruction. Ici, un groupe de travail constitué par la Ville de Québec et dirigé par John Porter, autrefois directeur général du Musée national des beaux-arts du Québec, s’est penché sur les défis et les investissements requis pour la conservation de huit églises patrimoniales de Québec. La Ville de Québec a déjà décidé de consacrer 30 millions de dollars à ce vaste chantier, mais il clair que ce ne sera pas suffisant. Nous ne pouvons qu’espérer, à l’instar des engagements pris à l’égard du célèbre temple français, que certaines grandes fortunes du Québec décident de compléter le financement requis pour préserver notre riche patrimoine religieux. D’ici là, leur visite s’inscrit très bien dans un circuit de découverte de Québec.

Mon coup de cœur musical : L’album L’étrange pays de Jean Leloup. J’ai adoré ce disque entièrement acoustique ou presque. L’auteur-compositeur-interprète propose quelque chose de plus épuré avec moins de crémage qu’à l’habitude.

Ma découverte du mois:

L'étrange pays
Jean Leloup

Clavardage